Wednesday, January 18, 2006

C’était Notre Meilleur Poète, blog entry, Jan 15 06

http://raymondcloutier.blogspot.com/2006/01/50-ans-plus-tard.html
50 ans plus tard!
Vous m’en lirez tant. Le dimanche 15 janvier 2006
Posted by Raymond Cloutier, Montreal, Quebec

Mercredi voilà 10 jours j’apprenais l’existence du plus grand, du plus respecté, des poètes montréalais, québécois, anglophones. Je suis abasourdi! Le seul poète montréalais, anglophone que je connaisse c’est Leonard Cohen. Et voilà que Cohen saute dans un avion, pour venir faire l’eulogie d’un écrivain de 93 ans tout juste décédé.
-Il y avait Irving Layton, dit Cohen, et il y avait les autres. C’était notre meilleur poète et le plus grand champion de la poésie.
Déjà célèbre et contestataire dans les années 40, comment se fait-il que personne, jamais personne ne m’en ait parlé. J’ai été enfermé dans 4 collèges classiques durant 8 ans, puis 4 ans dans un conservatoire entre 55 et 68. Des oblats, des Ste croix, des séculiers, des laïcs, détenteurs de maîtrises et de doctorats, des artistes cultivés, des littérateurs de tout acabit, et personne, jamais personne ne m’a mentionné l’existence de cet Irving Layton. Plusieurs fois finaliste au prix Nobel de littérature, il avait élevé près d’ici sur la rue Ste Élisabeth, puis a passé sa vie sur le Plateau avant que ce ne soit « The Plateau ». Il a enseigné et influencé des générations d’écrivains et de lecteurs, enfin ceux qui le connaissaient. Pas moi et pas des milliers et des milliers comme moi qui, pour toutes sortes de raisons, n’ont pu rencontrer son œuvre. Les deux solitudes ont aussi cette conséquence!
Et je suis presque convaincu que si Leonard Cohen n’était pas devenu chansonnier, puis méga star, je ne l’aurais jamais connu, lui non plus. D’ailleurs qui aujourd’hui enseigne la poésie de Cohen au secondaire ou au collégial dans l’univers francophone et qui enseigne Miron aux anglophones?. La mort de cet Irving Layton, dont j’ai hâte de lire la poésie brute, va peut-être provoquer une prise de conscience, un changement de posture. On compare son importance dans la communauté anglophone à celle de Gaston Miron chez les francophones. N’est-ce pas étrange d’ignorer dans une même ville, un même quartier, une même société, des génies de quelques origines soient-ils? Pourquoi accorderai-je l’existence aux poètes Américains, aux romanciers Irlandais, aux nouvellistes Arabes en ignorant ceux qu’inspirent la même géographie du paysage et de l’âme que la mienne? Pourquoi ce refus réciproque du voisin, cette fuite ailleurs, ces vies en silo, emmurées chacunes dans sa solitude. Le génie artistique, littéraire, quel qu’il soit, ne peut être caché, mis au ban sous prétexte qu’en l’occultant il n’existera pas. Qu’on n’aime ça ou pas, nous ne le saurons jamais avant de l’avoir fréquenté!
-Alors on vous promet un Irving Layton, poète de la semaine dès que nous mettrons la main sur les traductions de ses poèmes par Michel Albert aux éditions Triptyques! Et surtout dès que nous l’aurons lu 50 ans plus tard. Mais comme on se dit toujours, il n’est jamais, jamais trop tard!

Raymond Cloutier.

2 Comments:

Anonymous unevilleunpoeme said...

Tout finira par être poésie...

7:10 AM  
Anonymous alien said...

"La mort de cet Irving Layton, dont j’ai hâte de lire la poésie brute, va peut-être provoquer une prise de conscience, un changement de posture."

Je ne le pense pas, hélas.

2:50 AM  

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